Cet article examine plus en détail les implications des objectifs redéfinis de la Chine en matière d'intensité énergétique, en fournissant une analyse complète de leur impact sur le contrôle des émissions de carbone et le développement durable.

L’approche de la Chine en matière d’intensité énergétique a connu une transformation significative récemment, modifiant discrètement le paysage de ses objectifs environnementaux. La publication par le Bureau national des statistiques des prévisions économiques et sociales de la Chine pour 2023 confirme cette évolution. données, Elle a mis en lumière un changement subtil mais crucial qui est passé inaperçu pour de nombreux observateurs.
Le rapport du bureau indique que, malgré une croissance de la consommation d'énergie supérieure à celle du PIB, l'intensité énergétique a diminué de 0.5 %, ce qui peut paraître paradoxal. Cette évolution s'explique par la décision de la Chine de redéfinir l'« intensité énergétique » pour n'inclure que la consommation d'énergies fossiles, excluant ainsi les énergies renouvelables et le nucléaire. Si cette modification vise à réduire l'intensité énergétique liée aux énergies fossiles et potentiellement à limiter les émissions de carbone, sa mise en œuvre révèle une ambition revue à la baisse, autorisant des émissions plus élevées dans le cadre des objectifs existants.
Le Cible 2024 L'objectif de réduction de 2.5 % de l'intensité énergétique est également impacté par cette évolution. Selon la nouvelle définition, cet objectif pourrait autoriser une augmentation de 2.4 % des émissions de CO2 cette année si la croissance du PIB se maintient au niveau attendu, ce qui nécessiterait des progrès sans précédent en 2025 pour respecter les engagements climatiques.
Dans le contexte de la reprise économique chinoise post-Covid, on a assisté à une forte augmentation des industries énergivores, ce qui a accéléré la consommation d'énergie et les émissions de CO2. Par conséquent, les progrès en matière d'efficacité énergétique et de réduction des émissions de carbone ont ralenti, et les objectifs fixés pour 2025 n'ont pas été atteints.
L'intensité énergétique, indicateur mesurant la consommation d'énergie par unité de PIB, est un élément central de la politique énergétique chinoise depuis le 11e plan quinquennal (2006-2010). Améliorer l'intensité énergétique implique d'accroître l'efficacité énergétique et d'impulser des changements structurels dans l'économie afin de favoriser les secteurs moins énergivores.
Bien que les politiques mises en œuvre aient permis des gains notables en matière d'efficacité énergétique, ces dernières années ont vu un renversement des changements structurels, la consommation d'énergie dépassant la croissance du PIB en 2023 pour la première fois depuis 2005. Ce ralentissement des progrès en matière d'intensité énergétique reflète une tendance plus large à l'augmentation de la demande d'énergie, entraînant une hausse annuelle de 3.8 % des émissions de CO2 entre 2021 et 2023.
L'exclusion des sources d'énergie non fossiles des calculs d'intensité énergétique, bien que technique, a des conséquences importantes. La nouvelle définition de cet indicateur réduit l'ambition globale en incitant à l'utilisation de sources d'énergie non fossiles pour atteindre les objectifs. Au niveau local, les gouvernements peuvent désormais atteindre jusqu'à la moitié de l'objectif d'intensité grâce à l'adoption d'énergies propres, ce qui réduit de moitié les gains requis.
À l'échelle nationale, la Chine vise à porter la part des énergies non fossiles à au moins 20 % d'ici 2025. Ce changement stratégique, tout en privilégiant la maîtrise des émissions de carbone, simplifie l'atteinte de cet objectif en se concentrant uniquement sur l'intensité énergétique liée aux combustibles fossiles.
Le défi demeure néanmoins considérable. L’engagement de la Chine à réduire de 2.5 % son intensité énergétique fossile en 2024 se traduit par une augmentation admissible de 2.4 % de ses émissions de CO2 si son PIB croît de 5 %. Pour respecter son engagement en matière d’intensité carbone pour 2025, la Chine doit largement dépasser ces objectifs.
L'orientation vers des objectifs de réduction de l'intensité énergétique liée aux énergies fossiles s'inscrit dans le cadre d'efforts plus larges visant à passer d'une maîtrise de la consommation d'énergie à une gestion des émissions de carbone. Toutefois, faute d'un calendrier précis, cette transition demeure un processus en cours.
Le choix du gouvernement de maintenir des objectifs modestes reflète probablement une stratégie privilégiant la croissance économique. En s'abstenant de politiques restrictives, la Chine vise à stimuler les investissements dans les énergies propres tout en maîtrisant la croissance des industries énergivores.
En conclusion, la clarté des engagements climatiques de la Chine est essentielle à sa crédibilité internationale. La redéfinition des objectifs d'intensité énergétique souligne l'évolution des interactions entre croissance économique, consommation d'énergie et durabilité environnementale.